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Boeuf
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Re : Le port du voile à l'école. -
06/06/2008, 09h41
Pourquoi portent-elles le voile?
Ne pourrait-on y voir un effet de mode ou un moyen de séduction envers les plus croyants des musulmans?
En apparence, cela ressemble à une forme exacerbée de pudeur, d'une peur du regard dérangeant de l'homme. C'est cependant la prescription religieuse qui est mise en avant: le respect du Coran. Un signe de religiosité et d'affirmation de soi.
Mais pour la plupart de ces jeunes filles ou de ces femmes, est-ce vraiment un choix personnel?
N'est-ce pas plutôt la conséquence d'une pression de la famille, de l'entourage ou de groupes radicaux islamistes de plus en plus présents dans les banlieues? Hormis quelques femmes voilées qui occupent le devant de la scène, les autres ont-elles le choix dans une culture ayant souvent une vision archaïque et discriminatoire de la femme ?
Lorsqu'elles répondent "oui, c'est mon choix", ne s'agit-il pas plutôt d'auto-persuasion de la part de victimes, malgré elles, d'un repli communautaire?
C'est bien de cela dont il s'agit, une forme de provocation qui marque un rejet du mode de vie et des valeurs occidentales ainsi qu'une confusion inconsciente entre l'islam et le monde arabe. L'islam devient un moyen d'affirmer une identité communautaire face à des nations (occidentales) dont les populations issues de l'immigration se sentent économiquement rejetées et dans lesquelles certains ne souhaitent pas s'intégrer
-Chez soi, dans des lieux privés ou dans la rue, chacun a le droit de s'habiller comme il le souhaite. Par contre, dans des lieux publics, la neutralité de l'état doit être assurée. Porteuse de valeurs universelles, l'école doit ouvrir l'horizon et apprendre aux élèves à vivre ensemble, malgré les différences, et à lutter contre la tendance à privilégier ce qui divise. Les signes d'appartenance à une religion ou à une communauté, qui plus est, ségrégationniste envers les femmes, n'y ont donc pas leur place.
Sur ce point, une loi était-elle vraiment nécessaire ? Ne va-t-on pas d'abord pénaliser celles, qui dans leur grande majorité, ne sont que des victimes ? Le remède risque d'être pire que le mal pour l'intégration de la communauté musulmane.
En outre, la loi de 1905 était suffisante. Il suffisait d'abroger l’article 10 de la loi d’orientation de juillet 1989 qui ne soumet plus les élèves au même comportement laïque que les professeurs.
Il faut cependant être conscient que s'attaquer au port du voile n'est, pour la lutte contre l'intégrisme islamique, que traiter un symptôme. Il en est de même lorsqu'on renverse un régime de Talibans ou quand on emploie la loi du talion pour combattre le terrorisme. On ne traite que le symptôme.
L'intégrisme, le fondamentalisme, le terrorisme ne sont que les formes exacerbées d'un repli communautaire, lui-même manifestation d'un profond mal être du monde arabe et, plus généralement, des pays en voie de développement. Les causes premières sont à rechercher dans la politique arrogante, irrespectueuse, égoïste,... impérialiste de l'occident, États-Unis d'Amérique en tête, envers le reste de l'humanité. C'est ce qu'il faudrait changer en priorité.
Le port du voile :
une prescription religieuse?
Les avis sont partagés pour interpréter le Coran sur le port du hidjab, selon qu'on le lit à la lettre ou dans l'esprit.
Pour les plus fondamentalistes, la "sourate du hidjab" et quelques autres évocations (comme la sourate 24, La lumière, versets 30 et 31) ont valeur d'obligation. "Il n'y a qu'une seule lecture du Coran", la lecture littérale, tant pis si celui-ci a été écrit il y a 14 siècles et que la condition de la femme a changé partout ailleurs dans le monde.
Pour les modérés, il ne s'agit que d'une recommandation à appliquer dans certains cas.
"Si le voile empêche les femmes d'étudier et de travailler, qu'elles l'ôtent et qu'elles restent pudiques. L'islam n'est pas là pour pousser nos filles à l'ignorance ou au chômage." (Soheib Bencheikh, grand mufti de Marseille)
Certaines de ces femmes finissent par quitter ce voile qu'elle considère comme un enfermement, comme quelque chose d'étouffant et disent "La foi, c'est dans la tête, pas sur la tête comme une étiquette" ou "ça arrange les hommes de faire croire que c'est dans les textes."
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