Certoux et Alain,
Je crois que vous êtes atteints d'une pathologie bien portugaise...
a saudade.
On a beau parcourir le monde, avoir des obligations professionnelles ailleurs, ne pas pouvoir s'y rendre aussi souvent qu'on le voudrait et finalement on y revient toujours.
En revanche, ce que je n'y aime pas, ce sont les portugais. C'est dommage, mais c'est ainsi. Je m'explique. Il y a chez beaucoup de portugais vivant au pays, un sentiment mêlé de jalousie et d'arrogance vis à vis de des portugais expatriés. Et c'est terrible. On le sent même les rapports avec l'administration qui ne tient pas compte de notre éloigement lorsqu'elle pond certaines réglementations qui génératrices de coûts inutiles alors que notre situation ne peut pas être ignorés puisque + 33 % des portugais travaillent et vivent à l'étranger (je ne compte pas les travailleurs frontaliers qui travaillent en Espagne). Il faut rappeler que 33 % des portugais sont expatriés, ce qui représente 5 millions d'individus contre 10 millions de portugais vivant au Portugal.
En affaires, traiter avec des portugais du Portugal, oblige à prendre le niveau maximum de précautions et à avoir toujours 1 ou 2 longueurs d'avance pour prévenir les mauvaises surprises et pour éviter de vous faire flouer.
Ce sentiment de rejet est partagé par tous les expatriés portugais quelque soit la région du monde où ils vivent.
Portugais, je le suis, alors lorsque l'on me demande si j'aime le Portugal, je réponds "oui" sans hésiter pour ce qui est du territoire, en émettant une réserve déchirante concernant les "autochtones". C'est cela qui me rapproche des portugais expatriés :
- avec le sentiment qu'il nous faudrait être davantage unis et réfléchir à la défense concertée et mutualisée de nos intérêts collectifs dans un certain nombre de situations administratives au Portugal,
- et c'est pourquoi je propose sans hésitation mon aide à tout expatrié, au nom de la défense d'intérêts communs,
Lors de la fête nationale, le 10 juin dernier, le président de la république, Anibal Cavaco Silva, a remis le prix de meilleur entrepreneur expatrié à M. Fernando Ferreira, expatrié en Australie, où il a réussi à hisser une entreprise familiale au rang de 300° groupe australien. Celui-ci laissa la salle médusée en expliquant très simplement qu'il avait tou réussi en Australie et jamais réussi le moindre projet même modeste au Portugal, en raison des bâtons qu'on lui avait mis systématiquement dans les roues au Portugal !
10 de Junho - Dia de Portugal, de Camões e das Comunidades Portuguesas
Je me réjouis de vos témoignages concernant le bon accueil qui vous est réservé, à vous portugais de coeur. Il ne manquerai plus qu'il en soit autrement.
Melhores cumprimentos e sempre ao dispor.
Anibal