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Membre suprême
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Re : article interessant -
11/10/2008, 13h48
Bon j'ai pas fait ça toute seule....
Traduction de l'article
Mon Regard
New York, Obama, le Portugal et Salazar, vus par les yeux de Pedro Abrunhosa.
New York est suffocante. Et je ne le dis pas seulement à cause de 40 degrés centigrades, qui augmentent aussitôt que je plonge dans les âbimes du métro. Non. New York est suffocante également à l'intérieur du frais de l'air conditionné que les magasins poussent au maximum, des portes grandes ouvertes pour que de la rue on puisse sentir la bouffée de fraîcheur qui émane des comptoirs où des vendeuses-genre-couverture- de-Maxmen sourient même quand j'entre seulement pour faire semblant de regarder des étiquettes dont, apparemment, je discute les prix. En passant par ces rues, qui débordent de multiples diasporas, il est impossible de laisser derrière soi le sentiment que l'amérique est en train de changer, que l'Histoire s'est écrite tant de fois dans ces quartiers durant le siècle dernier, raison pour laquelle, fatalement, ce sera aussi ici que, une fois tombé le dernier refuge de l'innocence, s'écrira la décadence, ce dernier mot auquel les empires se destinent inéxorablement. Maintenant, que se sont écoulés presque sept ans depuis le 11 septembre, la ville s'est transformée en puits de paranoïa contenue, d ' avidité obnubilée par la consommation de « choses », où nous semblons tous appartenir au futur, une espèce de Blade Runner sans voitures aériennes mais avec des caméras de tous les cotés , policiers, voyants, musiciens-mendiants, touristes au nez enfoui dans des plans qui les déversent dans des réduits/cagibis où ils se retrouvent tous, néons, granit, sueur et asfalte, fumettes et taxis frénétiques dans des klaxonements fous, un brouhaha galopant qui empêche l'âme de penser. C'est le suffoquement actuel de New York. . Une ville qui vit au sommet de la catastrophe imminente et où nous sommes tous suspects, en même temps que gaspilleurs et consommateurs, adjectifs magiques que les empires vénèrent. Et, néanmoins, on lit, on voit, on sent le mot HOPE, écrit de tous les cotés. C'est le nom omniprésent d'un pays qui, finalement, affronte sa schizophrénie. C'est le nouveau nom de cette ville. Je me rappelle avoir visité Berlin dans les années 80, un peu avant la chute du mur et de sentir la même pulsion de changement, tellement la ville était proche du précipice . Le changement viendrait. Le mur est tombé. Parce que la somme de la volonté des Hommes fait la volonté inéxorable de l'Histoire. Ici, dans HOPE, ce serait facile d'utiliser la métaphore du mur pour parler de ceux qui doivent encore tomber. Parce que certains tomberont , mais d'autres, tenaces dans leur ruine, lamentablement se maintiendront. Cette année est néanmoins celle où le monde entier pourrait, pour la première fois, dire sans aucun embarras : I'm american. Parce que HOPE est aussi le nom d'un homme, noir, charismatique, jeune, audacieux, courageux et, surtout, impertinent comme doivent être les hommes. Obama pour les uns, cauchemar pour ceux qui nourrissent la paranoïa et le changement pour tous. New York est suffocante mais respire les temps qui viendront comme aucun autre endroit au monde . Ce pays n'est pas pour les vieux.
J'ai lu que certains prétendent faire au Portugal un musée dédié à Mr António de Oliveira Salazar. Voilà une excellente idée, conforme /consensuelle à la vague de modernisme de mon pays. Un homme qui n'a jamais été élu, et a gouverné le pays pendant 42 ans avec une main de fer envers l'opposition et, malgré tout, délicat et sensible, disent d'aucuns, mérite une place dans la muséologie lusophone. Ainsi, j'éspère que dans ce joyau à construire, on puisse trouver les histoires de ceux qui, pour le bien de la nation, ont été incarcérés, torturés et tués. Sans parler d'un portrait exhaustif de la pauvreté extrême à laquelle il a voué son peuple qu'il aimait, disent certains : ceux qui vivaient au dessus des porcs pour se chauffer en hiver, ceux qui travaillaient 16 heures par jour pour manger des choux au dîner, ceux qui n'ont jamais été à l'école, car il n' y en avaient quasiment aucune en dehors des villes, les hôpitaux qui n'ont jamais été construits, ou les routes qui n'existaient pas, des guerres lointaines vers lesquelles il envoya la crème de jeunesse, enfin, un sans-fin de bonnes choses dont il a fait cadeau à la populace, qu'il aimait, disent d'aucuns, afin que l'on pût dire qu'il n'existait pas de dette externe. Mettez les yeux sur cet exemple, vous les gouverneurs et les économistes de pacotille , qui vous battez tellement pour trouver la formule magique qui rende possible, sans grand bruit, l'équilibre de la balance des paiements. Quel meilleur musée, après tout, pourrait-on construire pour honorer la bravoure d'un tel génie, que ce pays qu'il nous a laissé ? Mettons des guichets aux frontières et faisons payer l'entrée. Et annonçons-y : " ce pays est pour les vieux ".
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